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ERREURJEAN
- Jour
- Vendredi 21 août 2026
- Horaire
- 01h45 – 02h45
- Scène
- Le pré
- Style
- Post noize electro
Parmi les ruines numériques et les ondes parasites d’un monde en boucle, Jean Peiry, alias Erreurjean, s’impose comme un spectre sonore en révolte. Projet solo aux confins de la musique électronique, du post-punk et du noise, cette entité chaotique mêle synthétiseurs, boîte à rythmes détraquée et samples volontairement mal enregistrés. Une esthétique de l’erreur assumée, où chaque cliquetis numérique, chaque saturation devient un cri de rage contre un système bancal, un manifeste sonore qui expose les bugs du réel. L’histoire d’Erreurjean prend racine bien avant son apparition. Depuis des années, Jean compose seul, enfermé dans un sous-sol du quartier du Schoenberg, à Fribourg. Des nuits entières passées à expérimenter, à accumuler des sons, à sculpter un univers bruitiste et viscéral. Un exutoire nécessaire, mais longtemps confiné aux murs de cette pièce, comme une voix hurlant dans le vide. Puis en 2024, l’urgence de rendre cette musique tangible, de la confronter au monde extérieur, devient trop grande pour être ignorée. Il ne s’agit plus seulement de créer, mais de partager, d’imposer ce chaos sonore au-delà du local, au-delà de l’intime. Erreurjean naît de ce besoin de collision avec le réel. Après plusieurs concerts en Suisse romande, Erreurjean dévoile en septembre 2025 son premier EP, « Nos Bagarres ». Sept morceaux, trente minutes d’une énergie brute, héritée de la scène et captée dans l’élan du live. Ici, pas de concession. Les textes sont frontaux, provocateurs, dénonciateurs. Erreurjean ne mâche pas ses mots et scande une réalité déformée, pervertie par les dysfonctionnements systémiques. Sa voix, tantôt murmurée, tantôt hurlé, se superpose aux boucles industrielles et aux beats bruts qui suintent l’aliénation et la colère. On pense à "DAF", à "IDLES", à la tension de "not waving", mais aussi à l’urgence de "Mandy, Indiana" ou de "Gilla band". Ses morceaux sont des bugs sonores, des courts-circuits musicaux, comme si un algorithme en fin de vie tentait une dernière transmission. Tout est cassé, et c’est bien le but. Dans un monde qui prétend lisser chaque aspérité, Erreurjean érige le bruit en résistance. Un cri synthétique dans l’abîme, un écho post-industriel qui refuse de se taire.
